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J’ai encore loupé la quiche…

ou faut-il absolument se sentir coupable pour être une bonne mère ?

On sait déjà depuis longtemps que notre enfance détermine en grande partie, ce que nous sommes adulte.

Les nouvelles découvertes sur le fonctionnement du cerveau de l’enfant, en font état. Il ne s’agit pas d’une nouvelle vague de parents bobo, comme certains pourraient le prétendre, mais d’une réalité qu’on est prêt ou pas à entendre.

Vous avez déjà tous, entendu parler d’Isabelle FILLIOZAT ou encore Catherine GUEGUEN, elles ne sont pas les seules, à s’intéresser de près à nos enfants et leur développement, mais c’est bien, à nous, parents, de mettre en pratique quotidiennement ces connaissances.

Freud s’intéressait déjà à son époque, à l’enfance ; à travers la mise en évidence de stades de développements spécifiques et d’une causalité psychique inconsciente susceptible d’avoir des effets tout au long de la vie.

Tout se joue dans l’enfance…

On est d’accord que les théories freudiennes sont largement contestées et contestables, notamment son fameux complexe d’Œdipe. Il s’agirait d’une période vers 5-6 ans durant laquelle l’enfant est en rivalité avec le parent du même sexe, pour avoir tout l’amour du parent du sexe opposé. On parle de « tuer » le père ou la mère (en fonction du sexe de l’enfant). Le parent symbole de l’autorité, empêcherait l’enfant d’atteindre son but ultime : « épouser » son père ou sa mère…

Bon ça semble un peu tiré par les cheveux, même si c’est vrai qu’on entend souvent dire « ah les filles et leur papa » ou « ah c’est bien, le fils à sa maman », on ne peut vraiment pas en faire une généralité.

Cela dit, il me semble évident que l’enfant a besoin de connaitre ses propres limites, qu’elles soient physiques ou mentales, pour savoir qui il est. Il doit pouvoir être en mesure de se dissocier de ses parents pour savoir ce dont il est capable par lui-même et pour lui-même. Il est donc important sinon indispensable pour lui, de « tuer » symboliquement l’autorité des parents, afin de se trouver et de s’affirmer. D’où l’importance du stade d’opposition, dans le développement de l’enfant.

Il dure plus ou moins longtemps, tout dépend de notre manière d’appréhender les choses.

Et pour finir avec Freud, je ne suis pas non plus convaincue que l’hystérie est un trait typiquement féminin, bien que je connaisse des femmes particulièrement atteintes ^^, ni même que les maux de l’enfant sont engendrés par la relation à la mère.

Je pense que ce fait a été établi, parce que, pendant longtemps et encore beaucoup, aujourd’hui, ce sont les femmes qui ont la charge presque exclusive de s’occuper des enfants et il est plus facile de reprocher à celui qui fait, qu’à celui qui est absent.

C’est malheureusement, devenu un véritable acquis pour notre société : de culpabiliser les mères.

Pourtant les choses ont changé, le modèle de la famille classique n’est plus ce qu’il était, mais la mentalité reste la même…

On ne née pas « mère », on le devient. 

Vous savez que ce n’est pas sans difficulté… D’abord on doit apprendre à connaitre et reconnaitre les nouvelles sensations qui nous parviennent du fait de la découverte récente de la grossesse, puis il faut accepter de partager son corps, certaines ne vivent pas très bien la période de gestation et d’autres se sentent enfin complètes, épanouies en portant la vie, puis c’est l’heure de la naissance. Et là, on est submergée par les émotions ; le bonheur, la joie, les pleurs, la peur, la douleur… puis la chute d’hormones : le baby blues, parfois il passe inaperçu, parfois il fait de sacrés dégâts. On se retrouve avec un petit être qui nous parait bien inconnu, malgré le fait qu’il est vécu pendant 9 mois au plus près de nous.

Il pleure ; on ne sait pas pourquoi, il faut lui faire des soins ; on s’y prend mal, on est pas à l’aise, on a peur de lui faire mal, l’allaitement est douloureux, on est fatiguée, on se sent perdue et on se demande si on est à la hauteur de ce que ça représente d’être responsable, d’une autre personne que soi-même.

Bref, en tant que jeune maman, on a des tas de questions qui poussent très souvent à culpabiliser ; s’il pleure c’est que je ne sais pas répondre à ses appels, s’il est malade c’est que je ne l’ai pas assez couvert, ou trop…

On fait un grand plongeon dans l’inconnu, on reçoit beaucoup de conseils avisés, qu’on a pas toujours demandé et qui ne vont pas toujours dans le même sens, ne respectent pas forcément nos principes d’éducation (est-ce qu’on en a finalement ?), on arrive à douter de presque tout, on perd confiance.

Mais petit à petit, nos gestes deviennent plus sûrs, on est plus agile, on s’habitue après avoir pris le temps de s’apprivoiser l’un, l’autre. On devient la personne qui connait le mieux son enfant, pour avoir su l’écouter et avoir appris et grandi en même temps que lui. On a même appris à reconnaitre et décoder ses pleurs !!

Puis l’envie d’un second se fait sentir et là c’est reparti pour les questions : vais-je l’aimer autant que le 1er? Vais-je réussir à garder du temps pour le 1er sans léser le 2nd? Comment agir en évitant qu’ils soient jaloux l’un de l’autre?

On leur fait confiance… On les écoute et on fait en sorte de répondre à leur besoin quand ils se font sentir. Et on apprend à se faire confiance et à avancer pas à pas dans cette nouvelles vie.

On croit avoir réussi, mais les questionnements ne s’arrêtent pas là, on continue à se poser des tonnes de questions. Ce n’est plus pour leur simple bien-être physique, ils sont maintenant capable d’exprimer par la parole ou les attitudes leur douleur, leur mal-être ; leur besoin. On communique à notre façon 😉

On se met donc à penser à leur avenir ; sont-ils bien armés pour affronter la vie ? Comment puis-je les aider à franchir certaines étapes, sans faire à leur place ? Comment être présent pour eux, sans les étouffer ? …

Des questions qui poussent à se remettre en question, afin de toujours s’améliorer.
Au-delà de la culpabilité ; la remise en question.

J’apprends beaucoup de mes filles et je sais qu’elles apprennent de nous, en nous observant.

Ce n’est pas pour rien que l’on dit qu’un enfant est le reflet de ce qu’il voit. Un enfant qui ne voit que colère, cris et dispute aura tendance à imiter ce comportement et à être plus violent qu’un autre qui n’aura pas eu le même modèle sous les yeux. Attention c’est une généralité, pas une fatalité.

C’est de notre responsabilité d’adulte de montrer l’exemple.

Bien sûr c’est plus facile à dire qu’à faire, mais il me semble que ça en vaut la peine. Et puis, personne n’a dit qu’ « élever » un enfant était chose aisée.

Il faut parfois combattre nos pulsions 1ères, quand on a eu une dure journée, que les enfants sont fatigués et qui dit enfant fatigué, dit enfant fatiguant !!

On connait tous, le schéma classique qui est de reporter sa frustration sur le 1er venu et il est encore bien plus facile décharger toute cette colère sur un enfant qui s’agite, un peu en fin de journée. Son comportement, donne une excuse, une légitimité, aux paroles blessantes, parfois violentes.

Aucun adulte dans cette configuration de dominant-dominé, ne se permettrait les mêmes mots en parlant à son conjoint, voisin, collègue de travail…

Agir ainsi envers un enfant, c’est le soumettre à l’autorité « suprême » de l’adulte référent. Pour l’enfant, l’adulte a d’emblée une certaine supériorité sur lui. Il est grand, il sait. Certains adultes jouent de ce pouvoir, pour assoir leur autorité et tenir les enfants, sous leur contrôle.

C’est d’autant plus dévastateur pour l’enfant, qu’il n’a pas la possibilité et encore bien moins l’autorisation de répondre, de se défendre.

Il ne s’agit pas là, de débattre en pro ou contre VEO, je vais donc clôturer toute discussion en disant que nos enfants se nourrissent de nous et de nos agissements. On se doit de leur montrer l’exemple.

Ce soir, « j’ai encore loupé la quiche » : trop cuite, pas assez, une quiche ou un gâteau, peu importe finalement, ce qui compte c’est ce qu’on va montrer à nos enfants, c’est ce qu’ils vont voir et imprimer de notre attitude face à cet « échec ».

Longtemps, j’ai cru qu’il fallait prendre sur soi ; que mes enfants n’avaient pas à me voir énervée, agacée, en colère ou même pleurer. C’était entretenir l’illusion d’une certaine perfection que je ne suis pas et qui d’ailleurs n’existe pas.

Nous sommes tous traversés par une multitude d’émotions au fil d’une seule journée. Prendre sur soi quand une émotion négative nous envahit, revient à essayer de nous en couper, l’ignorer pour ne pas qu’elle nous atteigne.  Or nos émotions refoulées finissent toujours par faire surface, elles nous trahissent, elles resurgissent à un moment ou un autre, à des moments pas toujours adaptés, ni bien choisis.

Bon ok, je suis frustrée et ça me contrarie que mon plat soit raté et là, plusieurs choix s’offrent à moi :

– Soit je fais comme si de rien n’était, après tout ce n’est pas bien grave, mais je prends le risque d’exploser si quelqu’un se permet d’émettre une critique,

– Soit je pète directement un plomb, parce que de toute façon, je loupe toujours tout et je me laisse envahir par une spirale de négativité, perdre confiance en moi, ce qui est assez facile, puisque finalement c’est vrai : je suis nulle en cuisine,

– Ou alors, je peux me servir de cette expérience pour donner l’exemple à mes filles.

Isabelle FILLIOZAT, nous explique très simplement, dans cette courte vidéo https://www.youtube.com/watch?v=5HpQNeUq8sA, qu’il est important d’exprimer tout haut ce qu’habituellement nous faisons intérieurement, dans le but d’apprendre aux enfants que nous aussi nous vivons des situations de frustration, leur montrer que nous ne sommes pas parfaits et que nous aussi nous connaissons des échecs, le tout est de savoir comment les gérer…

Ma fille ainée à un problème avec ses « échecs », c’est pour ça que j’ai commencé à m’intéresser à la question, afin de pouvoir trouver des pistes de réflexion et des outils à lui proposer. Je m’inspire du dicton selon lequel on apprend plus de ses erreurs, que de ses succès, parce que ça nous pousse à essayer encore et encore, jusqu’à nous améliorer et enfin arriver au but qu’on s’est fixé.

D’ailleurs, je lui dis souvent que si les gommes ont été inventés, c’est justement pour nous donner l’occasion de recommencer, quand on se trompe…

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