Lettre à mon papinou

Excusez moi, c’est très intime de partager ces instants sur un réseau social, mais c’est un peu comme un besoin de dire au monde entier comme c’est dur d’aimer quelqu’un qui s’en va…

Nous rappeler que la vie est courte et qu’on en sera tous là, un jour.

Je ne le dirais jamais assez « profitez des gens que vous aimez » ❤

Pardon à tous ceux que ça dérange.


Chaque fois que mon téléphone sonne, je suis au aguet…

Ce matin, quand elle m’a appelé, à sa voix, j’ai cru que tu étais parti, tout seul, en silence, dans l’intimité d’un moment tendre avec elle, son infirmière adorée, son aide-soignante, sa femme de ménage, sa cuisinière, son souffre douleurs, son amie, sa compagne de vie, sa petite femme…

Quand je suis arrivée, elles m’ont dit : »il recommence à s’agiter »

Je me suis précipitée dans le salon, ta chambre d’hôpital aménagée depuis 3 mois…

J’avais peur de ce que j’allais voir, mais je voulais que tu saches que j’étais la.

Tu t’agites?? C’est pas vraiment l’impression du ça me donne…

Mon petit papinou, tu t’accroches à la barrière de son lit, comme à la vie…

Plus tu es mal installé, tête, épaule, bras et mains entortillés, autour de cette barrière, que tu cherches tant, plus ça te rassure.

C’est comme si les douleurs physiques te rappellaient que ton corps est toujours en vie.

Ton corps est si petit, si fragile…

A ce stade, il n’est que souffrance, il t’encombre…

Un coup couvert, un coup découvert, tu ne sais pas comment te mettre pour être bien et finalement tu ne veux pas être bien

Tu n’es pas prêt et moi non plus…

Ça fait des semaines que tu passes des nuits tellement difficiles… La peur de t’endormir te tient éveillé et alors tu bouges d’un côté, de l’autre, tu parles, tu appelles, tu as chaud, puis froid, soif aussi… Toutes les excuses sont bonnes comme un enfant qui refuse l’heure du coucher…

Et elles te veillent et te surveillent avec patience et amour, elles se relaient à ton chevet, nuits après nuits à tes côtés.

On est « tous » là, à se demander si toi aussi tu es là, si tu nous vois, nous entend…

On attend suspendu au temps, suspendu à tes lèvres, guettant tes moindres gestes comme un appel, un mot, quelque chose que tu voudrais nous dire…

Mais tout est dit… Ça fait des jours qu’on se prépare, mais c’est trop tôt… Toujours trop tôt… O n’est pas prêt… On n’est jamais prêt…

Ceux qui sont là, sont ceux qui compte.

Libère-toi de ton écorce… Embrasse Papa, pour moi… Et reviens vite me voir. Je t’attends. Je t’aime ❤

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4 Comments

  • Emy Rêve 10 novembre 2018 at 9 h 26 min

    Je suis de tout cœur avec toi. Ma bonne maman ( grand mère) est partie sans prévenir il y a bien des années et en même temps c’était hier. Le manque, bien sûr est toujours là. Mais chaque année j’accroche sa décoration de Noël à notre sapin et chaque année elle m’envoie des petits signes, pour me dire ‘je serais toujours là. Courage à toi et aux tiens

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  • Karine 10 novembre 2018 at 10 h 52 min

    Ta lettre m’as tellement touché et m’as ému 😔, je remonte quelques années en arrière ou je suis resté plusieurs jours au chevet de mon papinou à moi, mais à mon arrivée il n’était déjà plus là dans ce corps qui le représenté la morphine l’aidant à ne p’us souffrir, il était là sans être la mais je sais qu’il m’as entendu lorsque je lui ai dis que je l’aimais fort et serait triste de son départ mais si c’était le prix à payer pour qu’il soit bien enfin alors…. La haut il rejoindra son fils mon petit papa qui a tant manqué à sa vie à la mienne alors cela m’as un peu réconforté je savais qu’il ne serais pas seul…. Quelques jours encore à venir te parler, nous avions même amené un petit poste pour te passer ta musique classique que tu aimé tant.. Quelques jours entouré de nous tous mamie, tata, et petits enfants et puis tu as rendu ton dernier souffle profitant que nous soyons sorti quelques minutes prendre l’air dehors… Cette douleur est si dur, insupportable et en même temps ce fut un soulagement enfin tu ne souffre p’us… Il y a maintenant passé dix ans et pourtant je m’en souviens comme ci c’était hier… Je t’aime mon papinou, et ma petite mojimojette je suis de tout cœur avec toi ❤️❤️❤️❤️

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  • Emmanuelle CM 10 novembre 2018 at 17 h 05 min

    Ton article m’a fait écho, malheureusement… Je te souhaite beaucoup de courage. C’est tellement dur de perdre un être cher… Comme tu dis, on n’est jamais prêt…

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  • laetitia 25 novembre 2018 at 21 h 09 min

    Je suis toujours là même si je n’ai pas pris le temps de donner suite à nos derniers échanges, je te lis et suis de tout coeur avec toi, moi aussi ça m’a rappelé des images et a ramené à la surface des souvenirs… courage à toi pour ce moment tant redouté…!

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